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ILE DE PAQUES : l'énigme MOAÏ

NB : pour toutes les informations culturelles ou historiques, mon oisiveté et moi avons décidé de vous aiguiller vers un site très simple et très bien fait => http://www.rapanui.fr/


Nous restons au Chili puisque l’île de Pâques lui appartient mais nous nous retrouvons bizarrement sur la terre la plus isolée du monde : l’île de Pâques. 3700 km la sépare des côtes chiliennes, 4000 km de Tahiti, 3800 km des Iles Galapagos et 5000kms jusque l'Atlantique.


C’est un rêve, un fantasme, une énigme. Si nous ne profitons pas d’un tour de la planète pour venir voir de plus près cette étrange destination, nous n’irons jamais nous étions dit. Alors au diable le pinard, 5 jours de diet nous fera du bien !

Accueillis avec le traditionnel collier de fleurs, on plante la tente au camping et on file direct pour visiter la « ville ». Vu du ciel, c’était déjà magique de voir cette île triangle, volcanique et dépeuplée ; en se promenant c’est tout aussi bluffant ! L’ambiance est décontractée façon Polynésie, les moaï (statues mystérieuses représentant d’anciens chefs) se tiennent là tranquilles sans bouger ! Pourtant c’est la période de Tapati, la fête incontournable de l’île, celle où l’on met en avant la culture rapanui et où l’on choisi la nouvelle reine de l’île. Ils en profitent aussi pour faire la nouba m’a-t-on dit, nous vérifierons cela bien entendu…


5 jours c’est peu donc le programme est tendu. Le deuxième jour nous marchons jusqu’au site de Orongo à côté du volcan Ranau Kau : magique, un immense cratère dans le lequel s’est constitué un lac aux couleurs splendides. Le site d’Orongo est aussi époustouflant ; il abrite des maisons ancestrales, des pétroglyphes  et servait autrefois de lieu pour élire l’homme oiseau (cliquer pour plus d'info). On en prend plein les mirettes, on a un peu chaud et on peine à rentrer au camping mais ce soir c’est la fête !

On est samedi 15 février, le dernier samedi du festival, il est donc de notre devoir de faire les foufous. Peut-être était-ce le vent de la St Valentin qui soufflait encore, ou peut-être avis-je besoin de nous faire plaisir, toujours est-il qu’avant de mettre mon slip sur la tête, nous sommes allé dîner sur un restaurant romantique au bord de l’eau pour admirer un couché de soleil de derrière les fagots. Bon et puis, puisqu’on est là et qu’on mange un ceviche façon polynésien, on peut se prendre une bouteille de Riesling chilien après l’apéro (pisco sour pour madame, bière au citron et tabasco pour monsieur !). Moment de relaxation intense avant de passer aux choses sérieuses. Danses, spectacles, élection de miss… feux d’artifice et surtout beaucoup de piscola (pisco + coca cola). Beaucoup trop ! Bon ben il est 6h du mat’.


6h du mat’ ce n’est pas grave mais avoir rendez-vous à 9H pour faire du quad, ça l’est déjà un peu plus ; sans compter les percussions qui résonnent encore dans mon crâne. Qu’à cela ne tienne, on enfourche la bête, on attend 10H que mamita est finie de préparer les meilleurs empanadas de l’île, on file à l’aéroport pour observer l’avion du jour atterrissant au-dessus de nos têtes (Holly adore ça, que voulez-vous !) et en avant les histoires. Direction les plus grands sites de l’île où nous attendent les moaïs. Nous nous rendons même sur une plage paradisiaque où il y a encore des moaïs, puis on longe la côté avec une mer agitée qui nous envoie les embruns salvateurs sur nos visages déconfis. Nous souffrons mais nous sommes aussi en plein rêve : arpenter cette île mystérieuse en quad, cheveux au vent sous l’œil des presque 900 moaïs est un moment irréel.

Nous poursuivons vers la site le plus connu pour observer l’alignement de 11 moaïs qui tournent le dos à l’océan, puis direction la carrière de moaïs (l’indigestion de ces statues pointe le bout de son nez). Là-bas, nous accédons à une clairière au milieu d’un cratère, l’endroit le plus paisible du monde je pense avec ces chevaux sauvages qui pâturent… une énergie s’empare de nous et nous transperce. Un moment de douceur après une journée marathon, tel un choco BN après l’école !


Il est temps de rentrer au bercail en longeant la côte est, où la mer s’énerve de plus en plus et où les moaïs ont la décence de faire preuve d’originalité puisqu’ils sont détruits (tremblements de terre, tempête, guerres…). Pour finir ce tour de l’île, on décide de prendre un chemin qui nous mène à des grottes anciennes et une piste de 4x4 qui finira de m’achever !  Je ne vous fais pas de dessin, rentré vers 20H couché vers 21H !

Le lendemain, c’est à pied que nous décidons de finir l’exploration de l’île ; 3H de marche sous un soleil de plomb, quelques ruines mais surtout un arrêt sur la route pour déguster les petits ananas de l’île : jamais sucre et fruit n’avaient eu un pareille mariage parfait, j’aurai pu m’évanouir de plaisir si je n’avais pas rendez-vous pour une petite plongée sous-marine !

Oui, j’ai craqué : plonger ici, avec les fonds volcaniques et les espèces du bout du monde, c’était trop tentant même si ça fait juste au niveau temps puisque nous prenons l’avion le lendemain. Sous l’eau, plus d’hésitations, c’est génial de voir ces roches, ces tortues et tout ce corail alors que l’on est si loin de tout. Le très grand bleu !

Je suis encore tout émoustillé quand je sors de l’eau mais le temps presse et j’ai rendez-vous pour discuter d’un tatouage. Le tatoueur Mokomae est un dingue, hyperactif et dingue. Il nous donne rendez-vous le lendemain à 11H alors que notre avion est à 13H ! Pour réflechir à cette proposition, nous nous calons dans un snack au bord de l’eau pour se taper (c’est le mot adéquat désolé !) un compléto, spécialité chilienne consistant à rajouter du guacamole sur un hot dog et de le badigeonner du maximum de mayonnaise et de ketchup possible. Tout est dans la finesse !


La décision est prise, on relève le défis du tatouage : il est 11H32 quand il commence le mien (un homme oiseau tenant l’œuf sacré, l’œuf de Pâques !). Il est 11H32 et 48 secondes quand il finit. Incroyable ! Au tour d’Holly, 25 minutes pour faire un tatouage polynésien de 25cm sur la cuisse. Record mondial ! Il est 12H quand on sort de là, on file prendre nos affaires et direction l’aéroport que vous imaginez aussi grand qu’une superette de village.


Toute cette agitation nous permet de ne pas trop réaliser sur le coup que nous quittons cette île extraordinaire. Un concentré de beauté et un charme mystérieux comme nous n’en avions pas rencontré jusque là !